PCB dans les poissons de rivières (logo)PCB dans les poissons de rivières

Il est interdit de consommer le poisson pêché dans certaines rivières de Franche-Comté contaminé par les PCB.

Définition

Les PCB, ou PolyChloroBiphényles, sont des dérivés chimiques chlorés plus connus en France sous le nom de pyralènes. Les PCB constituent une grande famille chimique avec plus de 200 molécules répertoriées. Ils n’existent pas à l’état naturel. Depuis les années 1930, les PCB étaient produits et utilisés dans l’industrie pour leurs qualités d’isolation électrique, de lubrification et d’ininflammabilité. On les retrouvait comme isolants dans les transformateurs électriques et les condensateurs, comme lubrifiants dans les turbines et les pompes ou comme composants d’huiles, de soudures, d’adhésifs, de peintures et de papiers autocopiants. Ils sont interdits en France depuis 1987.

Effets sur la santé

Les connaissances scientifiques actuelles sur l’effet sanitaire des PCB sur l’Homme sont encore incomplètes. Des effets toxiques ont été identifiés chez des populations fortement exposées professionnellement ou à l’occasion d’un accident (effets sur la peau, le système nerveux, le foie, le système immunitaire, le système endocrinien, la reproduction et le développement). Pour des niveaux d’exposition faibles mais répétés sur le long terme, les principaux effets critiques mis en évidence sont des effets sur le développement mental et moteur chez le jeune enfant exposé pendant la grossesse et l’allaitement. Les PCB sont reconnus comme probablement cancérigènes pour l’homme par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) et l’United States Environmental Protection Agency (US-EPA).

Exposition humaine

Aujourd’hui, la problématique des PCB est liée à des expositions répétées dans le temps (ex : ingestion de poissons contaminés) qui donnent lieu à une accumulation de ces molécules dans l’organisme sur le long terme. Les PCB sont persistants dans l’environnement et peuvent s’accumuler dans la chaîne alimentaire en particulier dans certains poissons de plusieurs cours d’eau français. L’Homme est exposé aux PCB essentiellement par la consommation de produits gras d’origine animale : poissons, viandes et produits laitiers. Les PCB ne s’évaporent pas et ne se dissolvent pas facilement dans l’eau. L’eau d’alimentation constitue donc une voie marginale d’exposition. De même, la pêche (sans consommation), la baignade et les sports nautiques ne présentent aucun risque sanitaire pour l’Homme.

Renforcement des contrôles

Le règlement européen de décembre 2006 a fixé un seuil pour les dioxines et certaines formes de PCB (dioxine-like) dans la chair des poissons au-dessus duquel la mise sur le marché est interdite. Les services de l’Etat ont identifié les zones de pêches où les poissons dépassent ces seuils réglementaires impliquant des interdictions de mise sur le marché et de consommation des poissons pêchés.

Le bilan des interdictions de pêche en vue de la commercialisation est disponible sur le site du ministère chargé de l’environnement à l’adresse suivante : www.developpementdurable.gouv.fr/ar...

Sur les zones non couvertes par la pêche professionnelle, des recommandations de non consommation et même des interdictions de consommation peuvent être promulguées par les DDASS envers les populations concernées.

Par ailleurs, les analyses très régulières effectuées sur l’eau potable démontrent l’absence de contamination en France.

Contamination des poissons en Franche-Comté

Des analyses ont été réalisées dans les poissons pêchés en Franche-Comté conduisant les Préfets à prendre des arrêtés d’interdiction de consommation sur certaines rivières où les poissons présentaient des teneurs en PCB supérieures au seuil réglementaire fixé pour les denrées commercialisées.

En Franche-Comté, il est interdit de consommer les poissons pêchés dans tout ou partie des rivières suivantes :

  • Le Gland, ainsi que dans les plans d’eau et les canaux en dérivation de ce cours d’eau.
  • Doubs, en aval du barrage de Mathay jusqu’à la confluence Doubs-Saône, ainsi que dans les plans d’eau et les canaux en dérivation de ce cours d’eau en ce qui concerne les poissons benthiques : anguilles, barbeaux, brèmes, carpes, silures, tanches.
  • La Lizaine, ainsi que dans les plans d’eau alimentés par cette rivière, sur le tronçon situé entre :

o A l’amont, le barrage du moulin, situé au lieu-dit de Maturomony sur la commune de Luze,

o A l’aval, la confluence avec l’Allan.

o A l’amont, le carrefour de la Libération-Lons le Saunier (Jura)

o A l’aval, la confluence avec le Solnan (Saône-et-Loire) dans les plans d’eau et les canaux en dérivation de cette rivière, en ce qui concerne les poissons benthiques : anguilles, barbeaux, brèmes, carpes, silures, tanches.

  • La Savoureuse, depuis la confluence avec le Verbotet jusqu’à la confluence avec l’Allan, ainsi que dans les plans d’eau et canaux en dérivation de ce cours d’eau situés dans le département du Doubs.
  • L’Ognon, sur le tronçon se situant entre :

o A l’amont, le barrage de Montferney sur la rivière et le moulin de Montferney sur le bief de dérivation

o A l’aval, le barrage de Montbozon sur la rivière et le moulin sur le bief de dérivation.

  • La Combeauté, ainsi que dans les plans d’eau alimentés par ce cours d’eau.
  • La Semouse, et dans les plans d’eau alimentés par cette rivière, sur le tronçon se situant entre :

o A l’amont, la retenue d’eau de la centrale hydroélectrique du "Blanc Murger", sur le territoire de la commune de Bellefontaine,

o A l’aval, la confluence avec la Lanterne.

  • La Lanterne, et dans les plans d’eau alimentés par cette rivière, sur le tronçon se situant entre :

o A l’amont, le pont de la RD 10, sur la commune de Conflans-sur-Lanterne, o A l’aval, le barrage situé sur la commune de Mersuay.

  • Le Durgeon, ainsi que dans les plans d’eau alimentés par cette rivière, sur le tronçon situé entre :

o A l’amont, le barrage situé sur la commune de Coulevon,

o A l’aval, le barrage du lac sur la commune de Vaivre-et-Montoille.

Recommandations nutritionnelles sur la consommation du poisson

Compte tenu des apports nutritionnels des poissons (source importante d’acides gras essentiels, de protéines, de vitamines et d’oligo-éléments), l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA) et le programme national nutrition santé (PNNS) recommandent la consommation de poissons au moins 2 fois par semaine en diversifiant à la fois les espèces de poissons et les zones de pêche dont ils proviennent. En ce qui concerne les populations sensibles, il est recommandé de limiter la consommation de poissons prédateurs sauvages à moins de 60 g/semaine pour les enfants de moins de 30 mois et à moins de 150 g/semaine pour les femmes enceintes et allaitant.

Les consommateurs de poissons de rivière ont-ils été plus exposés aux PCB que la population générale ?

Pour répondre à cette question, le ministère chargé de la Santé finance une étude nationale dite « d’imprégnation » coordonnée par l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments, en collaboration avec l’Institut de veille sanitaire. Cette étude permettra de définir, selon les espèces de poisson et par population cible, des fréquences de consommation sans danger pour l’Homme. L’étude a débuté en mars 2009. Elle concerne les foyers de pêcheurs amateurs sur six zones de pêche ainsi que, depuis novembre, les foyers de pêcheurs professionnels sur ces sites. Plusieurs mois de collecte et d’analyse des données sont nécessaires. Les recommandations détaillées seront disponibles en février 2011.

Pour en savoir plus :